Dans le monde musical parisien du XVIII° siècle, Claude Balbastre, aujourd’hui bien délaissé, fut certainement le plus célèbre, le plus talentueux et le plus répandu parmi les organistes-clavecinistes. Comme son aîné Michel Corrette, il traversa les époques de Louis XV, de Louis XVI, de la Révolution et du Directoire avec une remarquable facilité d’adaptation aux circonstances culturelles et sociales, et sa carrière déroule une harmonieuse aisance qui se reflète dans toute sa musique. Il est, avec Armand-Louis Couperin, Jacques Duphly, Nicolas-Pancrace Royer, Michel Corrette et Simon Simon, l’un des plus remarquables compositeurs de la seconde école de clavecin français (1730-1770), qui succède à celle (1660-1730) des Chambonnières, Louis Couperin, Louis Marchand, Louis-Nicolas Clérambault, mais surtout François Couperin et Jean-Philippe Rameau.
   L’histoire fautive a longtemps fait naître Claude (et non pas Claude-Bénigne) Balbastre (on prononce Balbâtre, qu’une romance contemporaine fait rimer avec opiniâtre) en 1727 ou 1729. Bénigne est en fait le prénom de son père, lequel eut quatre Claude sur ses 19 enfants. Le 16ème d’entre eux naquit le 8 décembre 1724, à Dijon, d’une seconde noce avec Marie Millot, et fut selon la coutume  baptisé dès le lendemain, en la paroisse St-Michel.
   Les ancêtres Balbastre sont taillandiers, charrons ou rouhiers, mais Bénigne, né en 1670, est à la fois organiste à St-Etienne et « huissier audiencier à la Chancellerie présidiale », ce qui explique le parrainage de l’enfant par un « correcteur à la Chambre des comptes » et par l’épouse d’un « conseiller-notaire royal ». Tel est le milieu familial des Balbastre - dont un autre Claude, organiste à St-Jean-de-Losne, est également greffier à la Châtellenie royale – que notre musicien quittera rapidement pour s’installer à Paris où il connaîtra les cercles les plus fortunés et les plus influents, constituant lui-même un solide patrimoine.  
   Les Balbastre sont très proches d’une autre famille de musiciens dijonnais : les Rameau. Bénigne succède à Jean Rameau (père de Jean-Philippe) comme organiste de Notre-Dame, tandis que le jeune Claude étudie non seulement avec son père, mais aussi avec Claude Rameau (frère de Jean-Philippe) ; mais surtout, quelques années plus tard, c’est le grand Jean-Philippe Rameau lui-même qui introduira l’ambitieux artiste dans le grand monde de la capitale.
   Encore mineur, Claude Balbastre succède à son père à la cathédrale St-Etienne, pour un contrat de 12 années, rémunéré 200 livres par an. Mais très tôt le jeune musicien se sent à l’étroit dans cet univers provincial ; il sait surtout que seule la capitale lui permettra de diffuser ses premiers manuscrits, et peut-être même de les imprimer. Il a déjà composé, en 1748, une très habile transcription de l’Ouverture du Pygmalion de Rameau (dans laquelle il indique de savants changements de doigts sur des notes répétées, dignes de Scarlatti), qui va bientôt lui servir de Sésame, ainsi qu’un recueil de Pièces de Clavecin avec deux Fugues pour l’Orgue, par le Sr Balbastre, Organiste de la Cathédrale de Dijon, daté également de la même année, de nos jours conservé à la Bibliothèque Nationale réuni à des Pièces de clavecin de différents auteurs :  Couperin, Haendel, Rameau et Scarlatti. « Ce Livre appartient à Mademoiselle de la Ferronays ».   
   L’année suivante voit un deuxième manuscrit plus important, conservé à la Bibliothèque de Versailles : Livre contenant des Pièces de différent genre d’Orgue et de Clavecin, par le Sieur Balbastre, Organiste de la Cathédralle de Dijon . Il rassemble en effet une quarantaine de morceaux, groupés par tons, dont les titres indiquent la destination instrumentale : Plein Jeu, Fugue, Duo, Trio, Dialogue, Petite Chasse, Concert de Flûte avec la Voix humaine…et surtout un grandiose Concerto, en quatre mouvements (Prélude, Allegro, Gavotte, Allegro), alternant les styles français et italien, et qui donne une idée du répertoire concertant bientôt en vogue au Concert-Spirituel.
   Faisant suite à un Tapage, vient à la 72ème page une série de 23 Pièces de Clavecin comprenant 6 Sonates dans le goût italien et des pièces françaises traditionnelles : Rondeau, Prélude, Muzette, Gavotte, Menuet, Badine, le tout se terminant par un Coucou. Puis ce sont 3 Pièces de Clavecin en Sonates avec accompagnement de violon, bien sûr à l’italienne, en trois ou quatre mouvements, suivies de 3 Variations de Noëls et d’Airs de Parodies.
   Ce répertoire déjà considérable et varié suffit à son auteur pour quitter sans autre forme de procès la tribune de Dijon, et solliciter l’appui de l’ami de province Jean-Philippe Rameau qui, après une vie à la fois banale et mouvementée d’organiste et de claveciniste, est devenu à cinquante ans, à la suite du triomphe d’Hippolyte et Aricie en 1733, le plus grand compositeur français d’opéras depuis Lully. C’est d’ailleurs à ce répertoire qu’il se consacre dès son arrivée à Paris en composant un Recueil d’airs choisis de plusieurs opéras accommodés pour le Clavecin par Mr Balbastre, genre musical alors très prisé à la fois des instrumentistes et des amateurs de lyrique : longtemps après les transcriptions pour clavier par D’Anglebert d’opéras de Lully, Haendel par exemple avait édité un volume d’ouvertures de ses opéras. Ainsi, fort de la réussite de l’Ouverture de Pygmalion, Balbastre présentait-il sa version d’autres extraits de cet ouvrage mais aussi de Platée, de Dardanus ou des Paladins. Si le compositeur multipliait opportunément les chances de sa réussite, le virtuose ressentait un besoin de perfectionnement et travaillait alors avec Pierre Février, organiste des Jacobins de la rue St-Honoré, puis se consacrait pendant une dizaine d’années aux seuls claviers, sans rien publier jusqu’au magnifique Livre de Clavecin de 1759, dédié à Madame de Caze chez qui il demeure, premier opus imprimé qui renferme quelques unes des plus belles pages du répertoire du XVIII° siècle. Il faut dire que son activité d’interprète et d’improvisateur mérite tout son temps puisqu’on le voit en 1755 titulaire de l’orgue du Concert-Spirituel, où il interprétera une douzaine de concertos aujourd’hui disparus, et qu’il succède dès 1756, à la tribune voisine de St-Roch, à Jean Landrin qui est nommé à la Chapelle-royale. Il est par ailleurs maître de clavecin de deux prestigieuses congrégations : les religieuses de Penthemont et celles de Notre-Dame-aux-Bois.
   En 1760, il remplace à son décès Drouard du Bousset, pour le quartier d’avril à Notre-Dame, suprême nomination auprès d’Armand-Louis Couperin, de Pierre-Claude Foucquet et de Charles-Alexandre Jollage. C’est à cette époque que se situe le fameux épisode des interdictions de jouer, par l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont - déjà fort occupé à juguler un Jansénisme rebelle et à combattre des philosophes trop éclairés - en raison des encombrements que provoquent les foules en liesse, fanatiques du maître. En ces temps des Lumières en effet, Balbastre, tellement adulé, cherche à satisfaire un public qui s’est nettement détourné des autels et laissé emporter par le luxe et la mollesse du siècle. Les cérémonies de la Natalité se transforment peu à peu en concerts d’orgue mêlant les Chasses aux Romances, les Orages aux Pastoralles, dans un goût dont se satisfait Charles Burney qui relate sa visite au grand compositeur dans son Etat actuel de la musique en France et en Italie : « J’allai à Saint-Roch pour entendre le célèbre M. Balbastre, organiste de cette église, ainsi que de Notre-Dame et du Concert-Spirituel. J’avais envoyé quelqu’un la veille s’enquérir du moment où M. Balbastre allait jouer, car un étranger arrivant d’Angleterre était très curieux de l’entendre. Il eut l’obligeance de répondre qu’il serait heureux de me recevoir chez lui, ou qu’il me rencontrerait à Saint-Roch entre trois et quatre heures. Je préférai cette solution-ci, car je pensai que c’était ce qui le dérangerait le moins, supposant qu’il devrait de toute façon être à l’église ; mais je découvris qu’on ne l’y attendait pas et que c’était par pure complaisance qu’il était venu ; très poliment il me fit monter à la tribune avec lui, où je pourrais voir aussi bien qu’entendre.
L’orgue est immense et fut construit il n’y a pas plus de vingt ans ; il a quatre claviers et un pédalier ; le Grand-orgue et le Positif communiquent par un ressort ; le troisième clavier est pour les jeux d’Anches, et celui du haut pour les échos. Cet instrument fait un très bon effet d’en bas ; mais d’en haut les touches sont intolérablement bruyantes. M. Balbastre se donna beaucoup de mal pour me divertir : il joua dans tous les styles pour accompagner le chœur. Quand on chanta le Magnificat, de même il joua entre chaque verset plusieurs menuets, fugues, imitations, et toutes sortes de musique, jusqu’à des pièces pour la chasse et des gigues, sans que cela surprenne ou offense la congrégation, pour autant que j’aie pu m’en rendre compte. Lorsqu’il prosait, je constatai qu’il jouait le chant sur les pédales, qu’il le doublait avec le bas de la main gauche, et que par-dessus ce fondement il jouait avec science et fantaisie. La basse était écrite en rondes, comme notre ancienne psalmodie. Ce qui était chanté par le chœur, sans orgue, était des interventions en grégorien. »
   Outre l’urbanité du personnage, ce texte dévoile sa facilité d’adaptation de la musique à l’instrument, et explique la liberté que l’on prenait alors d’aménager une même pièce indifféremment au clavecin, à l’orgue ou au piano-forte.
   L’année du premier passage de Mozart à Paris, en 1763, Claude Balbastre épouse la fille de Jacques Hotteterre, musicien de la Chambre du Roi ; c’est pour nous l’occasion de constater, grâce aux signatures des registres, l’ascension sociale qu’il connaît depuis son arrivée dans la capitale : à côté de confrères comme Rameau, E.D. Clérambault, organiste de Saint-Cyr et de St-Sulpice, Mondonville, directeur du Concert-Spirituel et son épouse Jeanne Boucon, claveciniste proche de Duphly, on trouve les abbesses de Penthemont et de Notre-Dame-aux- Bois, le curé de St-Roch et les chanoines de Notre-Dame, mais aussi des personnalités comme d’Argouges de Fleury, d’Aguesseau, de Caze, Mademoiselle d’Aiguillon, Fronsac, Castelmore, Egmont ou Ségur. Autre témoignage de sa réussite : l’inventaire après décès de son épouse, hélas disparue après quelques mois d’union. Pas moins de sept clavecins occupent l’appartement, de Ruckers, Rastoin, Blanchet, Richard et Hemsch, ainsi qu’un orgue de Clicquot à trois claviers et tirace a vue monté à trois tourelles et deux plats de face le buffet peint fond blanc orné de moulure sculpture trophée de bois sculpté doré…Ce que confirme Burney lors de sa visite : « Après le service, M. Balbastre m’invita à aller chez lui voir un beau clavecin de Rucker, qu’il avait fait peindre au-dedans et en dehors avec autant de soin que s’il se fût agi d’un carrosse ou d’une tabatière… Le son de ce clavecin est plus délicat que puissant ; un des registres de huit pieds est en peau de buffle, ce qui ne l’empêche pas d’être extrêmement doux et agréable… La maison de M. Balbastre était pleine de visiteurs : douze ou quatorze dames, et une douzaine de messieurs. Il joua longuement pour faire entendre la qualité de ses instruments. « En vérité, M. Balbastre, lui dit une des dames présentes à l’église, vous êtes ravissant aujourd’hui ».
   Quatre ans plus tard, Claude Balbastre se remarie, cette fois avec la fille du directeur de l’Académie royale de peinture et peintre du duc d’Orléans, Marie-Anne-Antoinette Boileau, qui lui donnera deux enfants. Une fois encore, constatons le milieu prestigieux qui est le sien et qui le rapproche maintenant de la Cour : Rameau n’est plus de ce monde, mais on retrouve Clérambault, l’abbesse de Penthemont, de Caze et Ségur, mais il y a aussi J.B. de Laborde, précieux biographe des célébrités, la comtesse de Tessé, à qui Mozart avait dédié une de ses premières compositions, Choiseul, l’ami des lettres, et surtout le duc d’Orléans, Louis-Philippe, et le duc de Chartres, Louis-Philippe-Joseph, futur Philippe-Egalité qui sera guillotiné en 93, après avoir voté la mort du roi.
   De 1770 date l’édition du Recueil de Noëls formant quatre Suittes avec des Variations. Pour le clavecin et le forte piano, ces Noëls aussi fameux que ceux de Daquin, et que l’on joue pourtant ordinairement à l’orgue. L’ouvrage est dédié à Mme de Choiseul, amie de Marie du Deffand, laquelle justement sollicite en même temps Voltaire et Balbastre pour une fête qu’elle organise chez la duchesse, à Chanteloup, fin 1774, : « Je me suis déjà assurée de Balbastre qui jouera sur son forte-piano une longue suite de Noëls », écrit-elle à l’écrivain. L’amère aveugle se fâchera d’ailleurs définitivement à cette occasion avec l’irascible philosophe qui ne lui avait pas livré les vers qu’elle en attendait, et qui, de toutes façons, trouvait que le piano-forte était un instrument de chaudronnier en comparaison du clavecin.
   Une autre activité occupe beaucoup Claude Balbastre en ces années 1770 : l’expertise d’orgues, principalement de ces admirables Clicquot que l’on construit alors ; on le voit avec Armand-Louis Couperin au couvent des Bénédictins anglais, avec Beauvarlet-Charpentier à St-Etienne-du-Mont, avec Daquin à la Ste-Chapelle, avec Séjean à St-Nicolas-des-Champs, enfin avec les mêmes à St-Sulpice. Cette fréquentation assidue des saints lieux et les nouvelles nominations prestigieuses d’organiste de Monsieur, comte de Provence, futur Louis XVIII, et de maître de clavecin du duc de Chartres n’empêchent pas le redoutable archevêque de récidiver par une nouvelle interdiction de jouer, en 1776, cette fois le Te Deum de la fête de St-Roch, en raison du style par trop opératique que pratique de plus en plus l’organiste.
   En 1778 paraît L’Art du Facteur d’Orgue, de Dom Bedos, dans lequel figure une Romance que Balbastre avait composée et exécutée pour le cylindre d’un orgue mécanique - ce qui en fait la première musique enregistrée de l’histoire - dont les paroles sont : « Je voudrais donner mon cœur, et maman veut toujours me le défendre ». Adaptée pour cordes, cor et clavecin deux ans plus tôt, cette romance existe en version soliste dans un manuscrit non daté mais sensiblement contemporain, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque Nationale, Recueil de pièces de clavecin et de Forte-piano organisé, par différents Autheurs. A l’origine de plusieurs modifications apportées au clavecin, dont le fameux jeu de buffle, Balbastre désire ici un instrument hybride du piano et de l’orgue, la colonne sonore prolongeant les vibrations de la corde frappée. Œuvres de pur divertissement, la plupart des pièces sont incontestablement de Balbastre, certaines d’authenticité douteuse, d’autres signées J.C. Bach, Dauvergne ou Rameau. La Bouflere et La Chanteloup, aux charmantes mélodies accompagnées de basses d’Alberti, sont des dédicaces ; on y trouve la Chasse et deux Musettes suivies de la même Pastoralle ; enfin l’authenticité de l’Air gay comme de La Barcelonette peut être mise en doute, malgré un style familier ; enfin un Andante, un Menuet et l’Ariette et Pastorale figurent comme la Romance dans les quatre admirables Sonates en Quatuor - écrites en 1776 et publiées en 1779 - pour clavecin ou piano-forte, deux violons, violoncelle et deux cors, dédiées à Mademoiselle de Lamoignon, fille du premier président du Parlement de Paris et proche parente de Malesherbes, futur avocat de Louis XVI.
   De cette fastueuse période où Balbastre s’est définitivement installé 181 rue d’Argenteuil, près de St-Roch, datent plusieurs manuscrits : un Recueil d’airs choisis de plusieurs Opéras, accommodés pour le Clavecin par Mr Balbastre, Organiste de la Paroisse St-Roch de Paris, contient des transcriptions d’œuvres de Dauvergne, Gluck, Haendel, Mondonville, Monsigny, Rousseau, Scarlatti, mais également l’une des deux sources d’une courte pièce de Jean-Philippe Rameau : Les petits marteaux. Notons toujours que malgré l’époque tardive et la liberté habituelle d’adaptation au piano-forte ou à l’orgue, le clavecin demeure l’instrument privilégié par l’éditeur. Un autre manuscrit, peut-être de la main de l’auteur, daté de 1777 et conservé à Versailles, rassemble un virtuose Prélude, et le début d’une Canonnade, que l’on retrouve intégralement dans un Livre d’orgue de Pontoise, ainsi que sous le titre d’Orage dans un recueil de la B.N. un peu plus tardif titré Ouverture des deux avares. Versailles encore possède un manuscrit intitulé Offertoire (Marche de Noël) pour l’orgue, composé par Mr Balbastre, qui mentionne le nom de Létendart : ami, élève, suppléant, copiste ? Il contient malgré son titre diverses pièces destinées au clavecin déjà mentionnées, parfois avec des variantes, comme La Boufflers, la Chasse, indiquée Très gai et précédée d’un Prélude, la Marche guêrrière, un Prélude et Rondeau sur un thème populaire ainsi que deux pièces sans titre en ré majeur. Suivent également, entre autres, un Carillon des Morts et un Noël varié. On retrouve Ambroise Létendard dans un Duo à quatre mains pour le clavecin ou le forte piano composé pour la fête de Madame Balbastre, daté du 15 août 1785 : « Dans ces beaux lieux quel charme heureux et doux, sur moy, belle Marie, exerce son empire ? … ». Une dernière pièce de clavecin, la D’Esclignac, porte la date de 1787.
   Mais ces jours heureux auront une fin prochaine : toujours habile à se ménager des protections, Claude Balbastre marie sa fille à un « commissaire suppléant du procureur de la Commune près le Tribunal de Police municipal et correctionnel de la ville de Paris ». On est en 1792, et l’heure n’est plus aux brillantes relations ni aux prestigieux concerts : l’organiste est nommé membre de la Commission temporaire des arts, qui le charge de décider des destructions d’orgues que le Comité de salut public estime nécessaire à la bonne marche révolutionnaire. Balbastre sauvera ainsi assez habilement une dizaine d’instruments qu’il avait lui-même autrefois expertisés. On l’entend aussi jouer à l’orgue de Notre-Dame désaffectée   une indigne Marche des Marseillais  et un Air ça ira, dont le destin aurait pu nous épargner la survie. 

JEAN-PATRICE BROSSE

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